Le projet artistique But… the clouds consiste au déploiement de drapeaux-nuages dans différentes villes et sites en fonction de liens géographiques, économiques, historiques, symboliques. 
En 2011/2012, le projet se déploie entre Mulhouse et des villes avec lesquelles Mulhouse entretient des relations de jumelage : Chemnitz, Kassel, Freiburg (DE) et Timisoara (RO). Entre mai et juin 2011, Anne Immelé a réalisé des prises de vue de nuages dans ces villes. Une photo de nuage a été choisie pour chaque ville puis imprimée sur un drapeau. Dans chaque ville, une installation réunira les drapeaux-nuages issus de ces prises de vue. Les sites sont des mâts municipaux choisis en fonction de leurs caractéristiques de visibilité, de spécificité géographique ou historique. Le nom de chaque ville et la date de prise de vue seront inscrits sur les mâts. Les installations in situ sont prévues en octobre 2011 à Timisoara (place de le victoire) et d’avril à juin 2012 dans les autres villes.
Les nuages possèdent un caractère fugitif et insaisissable, ils sont à l’opposé de notre vie matérielle. Les nuages s’offrent au regard comme des apparitions, de brèves matérialisations de l’invisible ; ils ne sont eux-mêmes rendus visibles que par la réfraction de la lumière. Par leurs positionnements, les nuages montrent le mouvement de l’air, le souffle de l’atmosphère. “Chaque nuage est une petite catastrophe, un monde de vapeurs qui expire sous nos yeux” (Richard Hamblyn, “L’invention des nuages” )
L’image des nuages est polysémique. Installée devant la mairie de Kassel ou sur la place de l’Union de Timisoara, l’image des nuages semble la mieux adaptée pour rappeler l’union fraternelle des citoyens par-delà leur nationalité, par-delà les questions identitaires, culturelles, économiques.
L’image des nuages nous emmène toujours ailleurs, plus loin, par-delà les frontières des hommes, par-delà ce qui fonde la société même (famille, économie, religion, patriotisme) à l’instar de cet étranger que l’on interroge dans le poème de Charles Baudelaire. L’étranger est un homme de passage, il est sans attaches. Interrogé sur ce qu'il aime le mieux, il récuse la famille, les amis, la patrie, la beauté et la richesse, avant de conclure : « J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages ! ». Les nuages incarnent la liberté, ils transgressent les territoires définis. Les nuages agissent comme appel vers l’infini, par-delà les frontières érigées par les hommes, qu’il s’agisse de frontières réelles ou symboliques. Le mouvement des nuages dépasse les frontières, les limites de territoires, il symbolise le transfrontalier.
Les drapeaux nationaux symbolisent un pays, une nation. Historiquement, pour chaque peuple, le drapeau symbolise la joie et la douleur, la victoire, et la défaite : « il est nous tout entier. Le chiffon en lui-même n’est rien : toile, soie ou étamine, l’idée qui s’y rattache est tout. Et cette idée est celle de Patrie. » (Hacks/Linarès Histoire du drapeau français). 
De même que la langue, que l’hymne, que le folklore, le drapeau participe de la construction d’une identité nationale. En tant que symbole de la nation, le drapeau rassure, car il affirme la continuité malgré les évolutions économiques et sociales. Le drapeau-nuage n’incarne pas une attache nationale rassurante, mais il donne à voir la mouvance même. En cela ce drapeau est un signe d’instabilité ne permettant plus de se rapprocher d’une identité nationale précisément définit. 
Le drapeau-nuage ne véhicule pas l’idée de Patrie, mais celle de l’humanité, en écho à l’importance du transfrontalier, du flux et de l’échange entre tous les peuples. Ce drapeau questionne le rapport entre l’universel et le particulier, entre le local et le global.
Une première dissémination des drapeaux-nuages a eu lieu dans la commune de Wattwiller en juin 2009. Les drapeaux étaient installés aux fenêtres des habitants du village, comme lors de la fête nationale, notamment le long de la route qui mène au Vieil Armand, mémorial de la première Guerre Mondiale, sur un site de bataille ayant fait 30 000 morts. Wattwiller est le lieu géographique à l’origine du déploiement des drapeaux-nuages
Das Kunstprojekt But… the clouds besteht darin, Wolkenfahnen zugleich in Mulhouse (FR) und in Städten zu zeigen, mit welchen Mulhouse eine Partnerschaft und Mitarbeit pflegt : Kassel, Chemnitz, Freiburg (DE), Temeschwar (RO). 
Anne Immelé hat die Wolken in den Himmeln dieser verschiedenen Städte fotografiert. In jeder Stadt wird eine Installation die Wolkenfahnen aus diesen Aufnahmen versammeln. Dazu werden Fahnenmasten bevorzugt, welche nach ihrer Sichtbarkeit, geografische und historische Eigenschaft ausgesucht werden. Der Name jeder Stadt wird auf den Fahnenmasten stehen. Das Installieren in situ ist für Juli 2011 in Temeschwar und 2012 in den anderen Städten vorgesehen.
Die Wolken wählen bedeutet : das Vergängliche, das Flüchtige zu hegen und festhalten, was sich fortdauernd verändert. Durch die Bewegung der Wolken wird der unveränderliche Verlauf der Zeit erwähnt. Das poetische Flattern dieser Wolken lädt den Vorübergehenden, den Bewohner jeder Stadt dazu ein, über seine sterbliche Natur nachzudenken, genausoviel wie darüber, was die Identität einer Nation ausmacht.
Das Bild der Wolken führt uns immer anderswohin, weiter weg, jenseits der Menschengrenzen, jenseits dessen, was die Gesellschaft ausmacht (Familie, Wirtschaft, Religion, Vaterlandsliebe), so wie bei dem Fremden, der in Charles Baudelaires Gedicht gefragt wird. Der Fremde ist ein vorübergehender Mensch, ohne Bindungen. Darüber gefragt, was er am liebsten hat, verwirft er die Familie, die Freunde, das Vaterland, die Schönheit und das Reichtum, und schließt mit: « Ich liebe die Wolken…die Wolken, die vorüberziehen… dort… die wundervollen Wolken ! ». 
Die Wolken verkörpern die Freiheit, sie gehen jenseits der abgegrenzten Gebiete. Die Wolken wirken wie ein Appell zum Unendlichen, jenseits der von den Menschen festgesetzten Grenzen, sei es reelle oder symbolische. Die Bewegung der Wolken geht über die Grenzen, die Gebiete hinaus, sie symbolisiert das Überschreiten von Grenzen.
 
 
 
 
 
 
But...the clouds
        (2009-)