ATELIER (MOTOCO)
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Memento Mori
But the Clouds
Ein See ist immer ganz in der Naehe
L'Agrandisseur
Biennale Photo de Mulhouse

ZERO RANKINE

« Le monde que Sylvain Couzinet-Jacques photographie est hostile et en déclin. Ses photographies montrent des zones abandonnées, des périphéries de villes endettées, qui sont autant de symptômes d’une ère post-industrielle sur laquelle plane l'ombre de la destruction. Ses images assombries apparaissent telles des chimères, elles génèrent de l’incertitude et une intranquillité, l’on ne sait si l’on est avant ou après la catastrophe, ni de laquelle il s’agit.
Le zero Rankine, température la plus basse qui puisse exister, est un zéro absolu. Cette température (-273,15 ° Celcius) n’existe pas sur terre, elle évoque un monde inhabitable. Le froid c’est aussi la glaciation qui immobilise, fige. Ce processus est rejoué dans l’image photographique, le temps y est « gelé » ; c’est cet état de stase qui est recherché par l’artiste.
Sylvain Couzinet-Jacques articule ses photographies à partir de phénomènes de transformations et de réactions qui permettent la survie : températures, lumières et résistances des matériaux à la destruction.
L’installation joue des codes de l’exposition, l’emplacement habituel des éclairages a été modifié pour donner une visibilité à la lumière dans sa physicalité. Les photographies de la série STANDARDS&POORS (2013-2014) sont protégées de la lumière UV par des verres teintés, mais cela les plonge dans une quasi-obscurité. Nécessaire à la vie et au processus photographique, la lumière peut aussi être violente et nocive, elle participe ici à une mise en scène du déclin, de la catastrophe.
ZERO RANKINE (2014), réalisée in situ, est la pièce centrale de l’exposition. Cet agencement de verres teintés fabriqués sur mesure de manière industrielle est posé au sol, tel un chantier en train de se faire. Les photographies imprimées sur papier thermique, sont au sol, laissées là, gisantes. La tension est palpable entre l’éclat et l’assombrissement, entre le précieux et le rebut. Ces enjeux sont aussi présents dans SKULL (2014), un parpaing - fragment de ruine pavillonnaire - érigé au statut d’oeuvre muséale et acquérant une dimension de memento mori.
PLANTS I et II (2014) sérigraphies avec encres photochimiques se déclinent en deux versions. Cette oeuvre dytique dont l’un des éléments est à emporter, peut être activée lorsqu’elle est exposée aux rayons du soleil. Le spectateur peut alors donner une visibilité, une vie éphémère à cette image en sursis. » Anne Immelé
Exposition organisée par Mulhouse Art Contemporain et L'Agrandisseur
Site de Sylvain Couzinet-Jacques

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