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Les Antichambres

Les photographies réunies dans le livre "Les Antichambres", montrent des architectures fonctionnelles empreintes de vacuité. Une disjonction entre les bâtiments et leur fonction s’est opérée et cela produit une tension. Cet écart est proche de l’une des caractéristiques photographiques essentielles : la distance – cette brèche entre le réel et sa représentation photographique. Cette distance est une faille, un interstice entre le réel et sa représentation. Jochen Gerz qualifiait cet espace de "no man’s land" – espace à la fois mental et imaginaire. Pour le dire autrement, un espace de perceptions investi par la pensée. "Les Antichambres" sont des images qui montrent un état des choses, un état des lieux. Malgré leurs apparences immobiles et hiératiques ce sont des forces intranquilles que je souhaite convoquer. Les paysages urbains nous montrent des habitations récentes, des parking, des chantiers, des lieux incertains, mais tous sont caractérisés par ce que je nommerais le "nivellement".
Souvent il s'agit de nivellement au sens géographique du terme, nivellement du sol qui a été aplani pour y construire un immeuble par exemple. Il s'agit également du nivellement social avec des immeubles qui ne convoquent pas la diversité, mais nous montrent obstinément ce qui est du registre de la similitude, du même. Une uniformité, un formatage méticuleusement organisé. Les portraits jouent de la faille entre l'extériorité, la surface du visage enregistré par l'appareil photo et l'intériorité - toujours inaccessible. Dans cette faille, se joue quelque chose qui, pour moi, est du registre d'un effondrement, d’une dissolution. L’image du lac n’est jamais très loin… La surface du lac, comme la surface du visage laisse présager des profondeurs inaccessibles. Derrière ces images de suspension, derrière ces immobilisations, des puissances intranquilles nous guettent.

My second book called "The Antichambers" was published in 2009. As in "WIR", the theme of the living together as a community is important. With the book, I would like to question the possibility from a sharing of common experience through the living spaces. I was photographing the constructed environment. The pictures showed functional architecture but with a feeling of emptiness. There was a disjunction between the building and its function. It created a tension. This gap is a distance between the reality and its photographic representation.
The Antichambers series are pictures showing the state of things, they seem to be quiet, but it is not the case. The urban landscapes showed contemporary buildings, parking lots, building sites, uncertains places. All this places are characterized by what I call « leveling ». Often it is a geographical equalizing when the floor was leveled in order to construct an apartment building for example. But it is also a social leveling : this apartment building are not opened to the diversity, they are always similar, showing the same model. The pictures were taken in France, Germany and Swiss, often in new districts, but they are uniformly constructed and regularly organized. It is a way to ask about the gap between a politic vision of planning and a personal life experience from the urban places. The double pages display also portraits. Sometimes portraits and empty urban places were face to face in the double pages. There was also a lot of white pages which are like breathings. The portraits showed the surface from the faces, the camera could't records the interiority, always non accessible. The lake picture is never far... the face's surface let us predict inaccessible deepness. By confronting portraits and places, I would like to think about idea of transmission, sharing from a common experience.

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