ATELIER (MOTOCO)
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Memento Mori
But the Clouds
Ein See ist immer ganz in der Naehe
L'Agrandisseur
Biennale Photo de Mulhouse

La série des Lacs

FR : Dans mes photographies, l’eau ne représente pas l’idée du passage, du flux. L’image du fleuve symbolise l’écoulement du temps. Ici le lac est un arrêt du temps. Ce n’est pas une image de la mobilité, du flux. C’est une image d’interruption de ces mouvements continuels (incessants) qui constituent notre environnement contemporain. Cette interruption est une suspension du temps, qui invite à la contemplation. La contemplation comme acte de création, telle que Gaston Bachelard l’a définie. Le spectateur projette et entrevoit une nouvelle image à partir du visible qu’il contemple. Le visible est pensé à travers les yeux de celui qui regarde. La contemplation est un élan vers, une rencontre.

"Le lac sans fond est le regard sans œil, le regard sans vision qui me dévisage en ouvrant devant moi le monde et l’absence de fond du monde : le reflet blanc d’un ciel blanc – le reflet d’un blanc en guise de ciel. La vue se fait non plus vision ni perspective ni orthoptie, mais considération et contemplation : tracement d’un templum pour prise d’augures, observation voire observance des vols d’oiseaux ou de leur absence, des passages ou non de la brume.
La vue se conforme au lieu. La vue en s’approchant se fait proche de ce qu’elle voit car cela se passe au même lieu que la vision même. Ensemble la lumière et la photo se touchent : leur contact même, dans son infime intime différence, leur contact même dans l’imminence suspendue de sa propre touche disjoint le même en deux, entre le monde et moi.
Après le monde et moi, il reste dieu – mais dieu n’est rien que la séparation entre le monde et moi, il est l’avoir-lieu divin du lieu grâce auquel je suis au monde et l’étant en totalité se présente à moi en m’incluant dans sa présence – me retournant ainsi sur moi et contre moi, au rebours de moi.

Photo, instantané : au lieu de moi, le monde.

Car le monde, l’ouvert, le grand espacement, c’est moi, c’est mon extension, ma dilatation, mon éloignement. C’est mon départ et mon arrivée. C’est mon allée-venue, c’est mon approche, c’est ce qui s’approche de moi."

Jean-Luc Nancy, L'approche, 2006.


ENG : In 2001, for the contemporary art biennial in Sélestat (France), I did an installation with 3 large formats pictures in the public space. The lake pictures were installed on a wall, which we can see from far away, because it was in the perspective from a street. These pictures were a call to an activ contemplation. After this first triptic, I exposed lake pictures in galleries, with several combinations.
Water was not representing the idea of passages, of flow. The river symbolise time passing, but here the lake image fixes time. It freezes the time. It interrupts mobility and the flow of the daily life and the usual activities. The suspension of time is an invitation to contemplation. Contemplation is an act from creation, as Gaston Bachelard said.

Et la mélancolie errante au bord des eaux, agencement à la Fondation François Schneider, exposition PLONGEONS, 2016
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